Contes
Europe de l'Ouest

Le Conte du Génévrier

level 4
Difficulté ****
Thèmes : Famille Peur

Il y a bien longtemps, au moins deux mille ans, vivait un homme riche qui avait une femme belle et honnête. Ils s’aimaient tous les deux d’un grand amour, mais ils n’avaient pas d’enfant. Ils en désiraient tellement, que la femme priait beaucoup, beaucoup, nuit et jour pour avoir un enfant. Mais elle n’arrivait pas, non, elle n’arrivait pas à en avoir.
Dans la cour devant leur maison se tenait un beau genévrier, et un jour, en hiver, alors que la femme était sous le genévrier et se pelait une pomme ; son couteau glissa et elle se coupa le doigt assez profondément pour que le sang fasse quelques taches dans la neige. La femme regarda le sang devant elle, et soupira très fort en se disant, dans sa tristesse : « Oh ! si j’avais un enfant, si seulement j’avais un enfant rouge comme le sang et blanc comme la neige ! » Dès qu’elle eut dit ces mots, elle se sentit soudain toute légère et toute heureuse avec le sentiment que son vœu serait réalisé.
Elle rentra dans la maison et un mois passa : la neige disparut ; un deuxième mois, et tout avait reverdi ; un troisième mois, et la terre se couvrit de fleurs ; un quatrième mois, et dans la forêt, les arbres étaient épais et leurs branches vertes s’entrecroisaient sans presque laisser passer de lumière : les oiseaux chantaient et tout le bois résonnait de leur chant, les arbres perdaient leurs fleurs qui tombaient sur le sol ; le cinquième mois passé, elle était sous le genévrier et cela sentait si bon que son cœur déborda de joie et qu’elle en tomba à genoux, tant elle se sentait heureuse ; puis le sixième mois s’écoula, et les fruits se gonflèrent, gros et forts, et la femme devint toute silencieuse ; le septième mois passé, elle cueillit les baies du genévrier et les mangea toutes avec gourmandise, et elle devint triste et malade ; au bout du huitième mois, elle appela son mari et lui dit en pleurant :
– Quand je mourrai, enterre-moi sous le genévrier.
Cela la consola, et elle se sentit à nouveau pleine de confiance et heureuse jusqu’à la fin du neuvième mois. Alors elle mit au monde un garçon blanc comme la neige et rouge comme le sang, et lorsqu’elle le vit, elle en fut tellement heureuse qu’elle en mourut.
Son mari l’enterra alors sous le genévrier et la pleura énormément : il ne faisait que la pleurer tout le temps. Mais un jour il commença à la pleurer moins fort et moins souvent, puis il ne la pleura plus que de temps en temps ; puis il cessa de la pleurer tout court. Un peu de temps passa encore, et il ne la pleurait plus, alors il épousa une autre femme.
De cette seconde épouse, il eut une fille. La mère, chaque fois qu’elle regardait sa fille, l’aimait beaucoup, beaucoup ; mais si elle regardait le petit garçon blanc comme la neige et rouge comme le sang, cela lui brisait le cœur de le voir. Elle trouvait qu’il gâchait tout, qu’il était toujours dans le chemin, qu’elle l’avait dans les jambes tout le temps ; et elle se demandait comment faire pour que sa fille puisse avoir toute la fortune. Elle y réfléchissait, poussée par ses mauvaises pensées, et elle se prit à détester le petit garçon qu’elle n’arrêtait pas de chasser d’un coin à l’autre, le frappant ici, le pinçant là, l’embêtant sans cesse si bien que le pauvre petit ne vivait plus que dans la peur. Quand il revenait de l’école, il n’avait plus un instant de paix.
Un jour, la femme était dans la chambre et la petite fille monta la rejoindre en lui disant :
– Mère, donne-moi une pomme !
– Oui, mon enfant ! lui dit sa mère, en lui choisissant dans le coffre lourd et fermé à clé, la plus belle pomme qu’elle put trouver.
– Mère, dit la petite fille, est-ce que mon frère en aura une aussi ?
La femme en fut énervée, mais elle répondit quand même :
– Bien sûr, quand il rentrera de l’école.
Mais quand elle vit par la fenêtre qu’il revenait, ce fut vraiment comme si le mal l’avait possédée : elle reprit la pomme qu’elle avait donnée à sa fille, en lui disant :
– Tu ne dois pas l’avoir avant ton frère.
Et elle la remit dans le meuble, dont elle referma le couvercle.
Et lorsque le petit garçon fut arrivé, l’air mauvais, elle lui murmura des paroles gentilles :
– Veux-tu une pomme, mon fils ?
Mais son regard contredisait ses paroles car elle fixait sur lui des yeux féroces, si cruels que le petit garçon lui dit :
– Mère, tu as l’air si terrible : tu me fais peur. Oui, je voudrais bien une pomme.
Sentant qu’il fallait insister, elle lui dit :
– Viens avec moi ! elle l’amena devant le gros coffre, elle ouvrit le couvercle et lui dit :
– Tiens ! prends toi-même la pomme que tu voudras !
Le petit garçon se pencha pour prendre la pomme, et alors la mauvaise mère le poussa et boum ! elle rabattit le lourd couvercle avec une telle force que la nuque de l’enfant fut cassée et il roula au milieu des pommes rouges.
Alors elle fut prise de terreur (mais alors seulement) et pensa :
« Ah ! si je pouvais effacer ce que j’ai fait ! »
Elle courut dans une autre pièce, ouvrit une armoire pour y prendre un foulard blanc, puis elle revint au coffre, redressa son cou, le serra dans le foulard pour qu’on ne puisse rien voir et assit le garçon sur une chaise, devant la porte, avec une pomme dans la main.
La petite Marlène, sa fille, vint la retrouver dans la cuisine et lui dit, tout en tournant une cuillère dans une casserole sur le feu :
– Oh ! mère, mon frère est assis devant la porte et il est tout blanc ; il tient une pomme dans sa main, et quand je lui ai demandé s’il voulait me la donner, il ne m’a pas répondu. J’ai peur !
– Retournes-y, dit la mère, et s’il ne te répond pas, flanque-lui une bonne claque !
La petite Marlène courut à la porte et demanda :
– Frère, donne-moi la pomme, tu veux ?
Mais il resta muet et elle lui donna une gifle bien sentie, en y mettant toutes ses petites forces. La tête roula sur le côté et la fillette eut tellement peur qu’elle se mît à hurler en pleurant, et elle courut, toute terrifiée, vers sa mère :
– Oh ! mère, j’ai cassé la nuque de mon frère !
Elle pleurait, pleurait à n’en plus finir, la pauvre petite Marlène. Elle en était tellement triste.
– Marlène qu’as-tu fait ? dit la mère. Quel malheur ! Mais maintenant tiens-toi tranquille et ne dis rien, que personne ne le sache, puisqu’il est trop tard pour y changer quelque chose et qu’on n’y peut rien. Nous allons le faire cuire en ragoût, à la sauce brune.
La mère alla chercher le corps du garçonnet et le coupa en petits morceaux pour le faire cuire en ragoût. Mais la petite Marlène ne voulait pas s’éloigner et pleurait, pleurait et pleurait, et ses larmes tombaient dans la marmite, tellement qu’il ne fallut pas y mettre de sel.
Le père rentra à la maison pour manger, se mit à table et demanda :
– Où est mon fils ?
La mère vint poser sur la table une pleine marmite de ragoût à la sauce brune et petite Marlène pleurait sans pouvoir s’en empêcher. Une seconde fois, le père demanda
– Mais où est donc mon fils ?
– Oh ! dit la mère, il est allé à la campagne chez sa grand-tante ; il y restera quelques jours.
– Mais que va-t-il faire là-bas ? demanda le père et il est parti sans me dire au revoir !
– Il avait tellement envie d’y aller, répondit la femme ; il m’a demandé s’il pouvait y rester six semaines et je le lui ai dit oui. Il sera bien là-bas.
– Je me sens tout triste, dit le père ; ce n’est pas bien qu’il soit parti sans rien me dire !
Tout en parlant de la sorte, le père s’était mis à manger ; mais il se tourna vers l’enfant qui pleurait et lui demanda :
– Marlène, mon petit, pourquoi pleures-tu ? Ton frère va revenir bientôt.
Puis il se tourna vers sa femme :
– Oh, lui dit-il, quel bon plat tu as fait là ! Sers-m’en encore.

Elle le resservit, mais plus il en mangeait, et plus il en voulait.
– Donnes-m’en, donnes-m’en plus, je ne veux en laisser pour personne.
Et il mangea jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien, suçant tous les petits os, qu’il jetait sous la table. Mais la petite Marlène se leva et alla chercher dans le tiroir de son armoire le plus joli foulard qu’elle avait, puis, quand son père eut quitté la table, elle ramassa tous les os et les osselets, qu’elle noua dans son foulard de soie pour les emporter dehors en pleurant à gros sanglots. Elle alla et déposa son petit paquet sous le genévrier ; et quand elle le mit là, soudain son cœur se sentit tout léger et elle ne pleura plus. Le genévrier se mit à bouger, écartant ses branches et les resserrant ensemble, puis les ouvrant de nouveau et les refermant comme quelqu’un qui montre sa joie avec des grands gestes des mains. Puis il y eut soudain comme un brouillard qui descendit de l’arbre jusqu’au sol, et au milieu de ce brouillard c’était comme du feu, et de ce feu sortit un oiseau splendide qui s’envola très haut dans les airs en chantant merveilleusement. Lorsque l’oiseau eut disparu dans le ciel, le genévrier redevint comme avant, mais le foulard avec les ossements n’était plus là. La petite Marlène se sentit alors toute légère et heureuse, comme si son frère était vivant ; et elle rentra toute joyeuse à la maison, se mit à table et mangea.
L’oiseau qui s’était envolé si haut redescendit se poser sur la maison d’un bijoutier, et là il se mit à chanter :
Ma mère m’a tué ;
Mon père m’a mangé ;
Ma sœurette Marlène
A pris bien de la peine
Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie
Qu’elle a porté sous le genévrier.
Cui-cui, bel oiseau que je suis !

Le bijoutier était à son travail, dans son atelier, occupé à fabriquer une chaînette d’or ; mais lorsqu’il entendit l’oiseau qui chantait sur son toit, cela lui parut si beau qu’il se leva vite, perdit une pantoufle et courut ainsi jusqu’au milieu de la rue, un pied en chaussette, tenant encore dans ses mains ses pinces et la chaînette en or. Alors il resta là et regarda le bel oiseau auquel il dit :
– Oiseau, que tu sais bien chanter ! Comme c’est beau ! Chante-le-moi encore une fois, ton morceau !
– Non, dit l’oiseau, je ne chante pas deux fois pour rien. Donne-moi la chaînette en or, et je le chanterai encore.
– Tiens, prends la chaînette, elle est à toi, dit le bijoutier, et maintenant chante-moi encore une fois ton beau chant.
L’oiseau pris la chaînette avec sa patte droite, se mit en face du bijoutier et chanta sa chanson une seconde fois !

Et aussitôt il s’envola pour aller se poser sur le toit de la maison d’un cordonnier, où il chanta :
Ma mère m’a tué ;
Mon père m’a mangé ;
Ma sœurette Marlène
A pris bien de la peine
Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie
Qu’elle a porté sous le genévrier.
Cui-cui, bel oiseau que je suis !

Le cordonnier entendit ce chant et courut dehors pour regarder sur son toit.
– Oiseau, lui dit-il, comme tu sais bien chanter !
Il rentra à nouveau chez lui pour appeler sa femme, sa fille et les autres enfants et encore ses serviteurs et la servante et le valet, qui vinrent tous dans la rue et regardèrent le bel oiseau qui chantait si bien et qui était si beau, avec des plumes rouges et vertes, et du jaune autour de son cou : on aurait dit de l’or pur ; et avec ses yeux brillant on aurait dit qu’il avait deux étoiles dans la tête !
– Oiseau, dit le cordonnier, maintenant chante encore une fois ton morceau.
– Non, dit l’oiseau, je ne chante pas deux fois pour rien ; il faut que tu me fasses un cadeau.
– Femme, dit le cordonnier, monte au grenier : sur l’étagère la plus haute, il y a une paire de chaussures rouges ; apporte-les-moi.
La femme monta et rapporta les chaussures.
– Tiens, c’est pour toi, l’oiseau ! dit le cordonnier. Et maintenant chante encore une fois.
L’oiseau descendit et prit les chaussures avec sa patte gauche, puis il s’envola sur le toit où il chanta à nouveau sa chanson…
Et quand il eut chanté, il s’envola, serrant la chaîne d’or dans sa patte droite et les souliers dans sa gauche, et il vola loin, jusqu’à un moulin qui tournait, tac-tac, tac-tac, tac-tac, tac-tac ; et devant la porte du moulin il y avait vingt garçons meuniers qui travaillaient . hac, hic-hac, hic-hac, pendant que tournait le moulin, tac-tac, tac-tac, tac-tac. Alors l’oiseau alla se percher dans un tilleul et commença à chanter :
Ma mère m’a tué.
Un premier s’arrêta et écouta :
Mon père m’a mangé.
Deux autres s’arrêtèrent et écoutèrent :
Ma sœurette Marlène
A pris bien de la peine.
Quatre autres s’arrêtèrent à leur tour :
Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie.
A présent, ils n’étaient plus que huit à travailler encore :
Qu’elle a porté
Cinq seulement travaillaient encore :
Sous le genévrier.
Il n’en restait plus qu’un qui frappait du marteau :
Cui-cui, bel oiseau que je suis !
Le dernier, à son tour, s’est aussi arrêté et il a entendu la fin.

– Oiseau, dit-il, ce que tu chantes bien ! Fais-moi entendre encore une fois ce que tu as chanté, je n’ai pas entendu.
– Non, dit l’oiseau, je ne chante pas deux fois pour rien. Donne-moi la pierre à moudre du moulin et je chanterai encore une fois.
– Tu l’aurais, bien sûr, mais elle n’est pas à moi tout seul, répondit le garçon meunier.
– S’il chante encore une fois, il n’a qu’à la prendre, dirent les autres tous d’accord.
L’oiseau descendit de l’arbre et les vingt garçons meuniers, soulevèrent la lourde pierre ronde, ho-hop ! ho-hop ! ho-hop ! ho-hop ! Et l’oiseau passa son cou par le trou du centre, prenant la pierre comme un collier avec lequel il s’envola de nouveau sur son arbre pour chanter une nouvelle fois sa chanson…
Dès qu’il eut fini, il déploya ses ailes et s’envola, et il avait la chaînette d’or dans sa patte droite, et la paire de souliers dans sa patte gauche, et la pierre autour de son cou. Et il vola loin, très loin, jusqu’à la maison de son père.
Le père, la mère et petite Marlène étaient là, assis à table. Et le père dit :
– C’est drôle comme je me sens bien, tout plein de lumière !
– Oh ! pas moi, dit la mère, je ne me sens pas bien, comme si un gros orage allait éclater.
Petite Marlène est sur sa chaise, qui pleure et qui pleure sans rien dire. L’oiseau donne ses derniers coups d’ailes, et quand il se pose sur le toit de la maison, le père dit :
– Ah ! je me sens vraiment tout joyeux et le soleil est si beau : je pense que je vais revoir une vieille connaissance.
– Oh ! pas moi, dit la mère, je me sens mal et toute apeurée, j’ai les dents qui claquent, et on dirait qu’il y a du feu dans mon corps!
Et la petite Marlène, dans son coin, pleure tellement qu’elle a complètement mouillé son assiette. L’oiseau est venu se percher sur le genévrier ; il se met à chanter sa chanson :
Ma mère m’a tué.
Alors la mère se bouche les oreilles et ferme les yeux pour ne rien voir ni entendre ; mais ses oreilles bourdonnent et elle entend un terrible tonnerre dedans, ses yeux la brûlent et elle voit comme des éclairs dedans.
Mon père m’a mangé.
– Oh ! mère, dit le père, dehors il y a un splendide oiseau qui chante merveilleusement, le soleil brille, on respire un parfum qui ressemble à de la cannelle.
Ma sœurette Marlène
A pris bien de la peine.
La petite Marlène cache sa tête dans ses genoux et pleure de plus en plus.
– Je sors, dit le père, il faut que je voie cet oiseau de plus près.
– Oh non, n’y va pas ! proteste la mère. Il me semble que toute la maison tremble sur sa base et qu’elle s’effondre dans les flammes !
L’homme alla dehors quand même et regarda l’oiseau.
Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie
Qu’elle a porté sous le genévrier.
Cui-cui, bel oiseau que je suis !

Aux dernières notes, l’oiseau laissa tomber parfaitement la chaîne d’or qui vint se mettre autour du cou de l’homme, exactement comme un collier qui lui allait très bien.
– Regardez ! dit l’homme en rentrant, voilà le cadeau que le bel oiseau m’a fait : cette magnifique chaîne d’or. Et voyez comme il est beau !
Mais la femme, dans son angoisse, s’écroula de tout son long dans la pièce. L’oiseau, de nouveau, chantait :
Ma mère m’a tué.
– Ah ! s’écria la femme, si je pouvais être à mille mètres sous terre pour ne pas entendre cela !
Mon père m’a mangé.
La femme retomba sur le dos, blanche comme une morte.
Ma sœurette Marlène
chantait l’oiseau, et la petite Marlène s’exclama :
– Je vais sortir aussi et voir quel cadeau l’oiseau me fera !
Elle se leva et sortit.
A pris bien de la peine
Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie.

Avec ces mots, l’oiseau lui lança les souliers.
Qu’elle a porté sous le genévrier.
Cui-cui, bel oiseau que je suis !

La petite Marlène sentit que tout devenait lumineux et heureux pour elle ; elle enfila les souliers rouges et neufs et se mit à danser et à sauter, rentrant heureuse dans la maison.
– Oh ! dit-elle, moi qui me sentais si triste quand je suis allée dehors, et à présent tout est si clair ! C’est vraiment un merveilleux oiseau, et il m’a offert des souliers rouges !
-Non ! non ! dit la femme en revenant à elle et en se relevant, et ses cheveux se dressaient sur sa tête comme des langues de feu. Pour moi, c’est comme si le monde entier s’écroulait : il faut que je sorte aussi, peut-être que je me sentirai moins mal dehors !
Mais aussitôt qu’elle eut franchi la porte, badaboum ! L’oiseau laissa tomber la pierre sur sa tête. Le père et petite Marlène entendirent le fracas et sortirent pour voir. Mais que virent-ils ? De cet endroit s’élevait une vapeur qui s’enflamma et brûla en montant comme un jet de flammes, et quand ce fut parti, le petit frère était là. Il les prit tous les deux par la main, et tous les trois, pleins de joie, rentrèrent dans la maison, se mirent à table et mangèrent.

Wilhelm et Jacob Grimm – remanié